Empruntez un instant des bribes de votre vie et regardez-les par l’autre bout de la lorgnette… Votre propre vérité se métamorphose tout d’un coup en une vision étonnante où tout peut être vrai et faux en même temps. Voir les choses différemment suggère donc qu’elles puissent être autres. Ou même manipulées.

Une porte s’ouvre sur de nouvelles réalités !
Dans ce recueil de nouvelles, l’auteure se promène du Katanga à la Birmanie, en passant par Cracovie et Copenhague, se perd au Népal, jusqu’à errer dans le futur. Les repères spatiaux et temporels de ces histoires pleines de vie sont respectés, mais la liberté donnée à l’écriture mélange les codes et livre des fins improbables, surprenantes ou tristement évidentes.

Pour son 6ème roman, Josée Viellevoye, installée à Aubel, nourrit à nouveau sa prose des voyages faits en compagnie de sa fille, cinéaste. Son imaginaire fécond, cristallisé par une plume inventive, nous transporte, émeut, interroge. A (re)découvrir !!!

 


Japon, aux alentours de l'an Mil, Shimae, un village paysan sur les bords de la rivière Kusagawa. Cet humble village a un talent : celui d'abriter le pêcheur Katsuro, virtuose dans l'art d'attraper et de transporter des carpes de grande valeur vers la ville impériale d'Heiankyo, la cité de tous les raffinements, de tous les plaisirs, et surtout la ville où se trouve le bureau des jardins et des étangs. À la mort de Katsuro, qui se noie dans la rivière, qui parmi les villageois va pouvoir prendre sa suite ? Poser sur son dos le lourd fardeau des nacelles d'osier où tournoient les carpes boueuses et, en équilibre, marcher jusqu'à l'épuisement, traverser tous les dangers jusqu'àla capitale ? Qui ? Sinon la veuve de Katsuro, la ravissante, l'effarouchée, la délicate Miyuki. Mais sera-t-elle capable d'une tâche pareille ?

Conteur hors pair, Didier Decoin, qui s'est largement documenté sur la période qu'il fait habilement revivre, épate par son sens du climat, alliant envôutement, mystère et sensualité.


Lettre à ma fille est une autobiographie de la militante pour la condition des femmes noires Maya Angelou
Peu connue en France, Maya Angelou est une vraie star aux États-Unis où ses livres sont étudiés dans les écoles.  Cette autobiographie qui complète les volumes déjà parus, prend la forme d'une lettre à la fille qu'elle n'a jamais eue (et par la-même s'adresse à toutes les femmes du monde).
Elle est constituée de 28 courts chapitres, de souvenirs, de poèmes... qui retracent une vie bien remplie.

En effet Maya Angelou a été danseuse, chanteuse, actrice, leader de la lutte pour les droits civiques, journaliste et bien sûr écrivaine et poétesse...

Elle a travaillé pour Martin Luther King et fut l'amie de Malcolm X.
Ce récit fourmille d'anecdotes souvent savoureuses, pleines d'autodérision quand elle relate des situations où elle s'est couverte de ridicule. Il nous fait entrevoir la personnalité au caractère bien trempé, bienveillante et généreuse de cette grande militante de la condition des femmes noires qui aura consacré sa vie à la lutte.
Les anecdotes qu'elle cite sont l'occasion de retracer sa vision de la société nord-américaine, de donner des leçons de vie riches d'enseignement, des conseils et de montrer la force de ses convictions.
Ce récit est riche et captivant, ces 144 pages vont (tout comme moi) vous retourner les entrailles...durablement !


Quand elle accourt au chevet de Garance, la fille de son ancien compagnon, Anna doit faire face à tout ce qu'elle a cru laisser derrière elle. Le foyer qu'elle a fui et la place incertaine qu'elle y a tenue pendant dix ans. Son histoire d'amour avec le «grand homme», réalisateur de renom, qu'elle a quitté pour un admirateur plus inquiétant qu'il n'en avait l'air. Les trois enfants qu'elle a «abandonnés», après les avoir aimés comme s'ils étaient les siens. Les raisons de son départ, dont elle-même a fini par douter, et les traces qu'il a laissées dans le coeur des uns et des autres. Est-il trop tard pour recoller les morceaux? Est-ce seulement souhaitable?

Avec autant de vigueur que de délicatesse, Karine Reysset suit son héroïne dans sa quête d'identité et d'indépendance.

 


Un roman kaléidoscopique qui retrace la vie d'un certain New York, de l'anarchie des années sida aux hipsters de demain.
New York. Milly et Jared, couple aisé animé d'ambitions artistiques, habite l'immeuble Christodora, vieux building de Greenwich Village. Les habitants du Christodora mènent une vie de bohèmes bien loin de l'embourgeoisement qui guette peu à peu le quartier. Leur voisin, Hector, vit seul. Personnage complexe, ce junkie homosexuel portoricain n'est plus que l'ombre du militant flamboyant qu'il a été dans les années quatre-vingt.
Mateo, le fils adoptif de Milly et Jared, est choyé par ses parents qui voient en lui un artiste. Mais le jeune homme, en plein questionnement sur ses origines, se rebelle contre ses parents et la bourgeoisie blanche qu'ils représentent.
Milly, Jared, Hector et Mateo, autant de vies profondément liées d'une manière que personne n'aurait pu prévoir. Dans cette ville en constante évolution, les existences de demain sont hantées par le poids du passé.

En entrelaçant les vies minées par la drogue et la maladie de New-Yorkais tous pourchassés par le spectre du VIH, L’immeuble Christodora se dresse ainsi comme un monument de papier à la mémoire de ceux et de celles que des gouvernements volontairement aveuglés ont préféré laisser agoniser dans l’obscurité.


Un père, despotique et égocentrique, Jacques.
Une mère, en rébellion après 40 ans de mariage, Martine.
Leurs fils. Matthieu éternel adolescent mais bientôt papa de trois enfants. Nicolas, chef cuisinier le jour et castrateur tout le temps. Alexandre, rêveur mou du genou.
Et surtout... trois belles-filles délicieusement insupportables !
Stéphanie, mère poule angoissée. Laura, végétarienne angoissante. Jeanne, nouvelle pièce rapportée, féministe et déboussolée, dont l'arrivée va déstabiliser l'équilibre de la tribu.
Mettez tout le monde dans une grande maison en Bretagne. Ajoutez-y Antoinette, une grand-mère d'une sagesse (bien à elle) à faire pâlir le Dalai Lama, et un chien qui s'invite dans la famille et dont personne ne veut.
Mélangez, laissez mijoter... et savourez !


Après avoir dénoncé sa mère, une tueuse en série, Annie, quinze ans, a été placée dans une famille d’accueil aisée dans un quartier huppé de Londres. Elle vit aujourd’hui sous le nom de Milly Barnes et a envie, plus que tout, de passer inaperçue. si elle a beaucoup de difficultés à communiquer avec ses camarades de classe, elle finit néanmoins par se prendre d'affection pour une ado influençable du voisinage. Sous son nouveau toit, elle est la proie des brimades de Phoebe, la fille de son tuteur, qui ignore tout de sa véritable identité. À l’ouverture du procès de la mère de Milly, qui fait déjà la une de tous les médias, la tension monte d’un cran pour la jeune fille dont le comportement va bientôt se faire de plus en plus inquiétant.

Un triller psychologique prenant, dérangeant et inventif, difficile à lâcher !!!


La mère de Tom est morte.

Et Tom a disparu.
Tom, mais aussi John, Michael et Lily.

À chaque fois, un enfant est enlevé et sa mère assassinée.
Dahlia Rhymes, agent du FBI spécialisée dans les crimes rituels, s’invite dans l’enquête. Bien que Tom soit son neveu, elle ne l’a jamais vu car elle a rompu toute relation avec sa famille depuis vingt ans. Il aura fallu ce drame pour la ramener vers les brumes inquiétantes de sa Caroline du Sud natale. En retrouvant les marais et les chênes séculaires, Dahlia retrouve aussi Nathan Miller, un ancien gamin des rues devenu un des meilleurs flics de Charleston. Ensemble, ils se lancent à la recherche des enfants perdus, sans autre indice que le fragile témoignage d’un jeune voisin : pour lui, Tom a été la victime d’une malédiction vaudou, car il a vu rôder autour de sa maison un shadduh, une ombre. Une ombre qui a peut-être englouti les enfants à jamais.

Un auteur de thriller français qui dame le pion aux américains, mérite toute notre (votre) attention ! Magistral !


Quand il se réalise, le rêve d'une vie peut virer au cauchemar. Lors du vernissage de sa première exposition au Musée d'art contemporain de Montréal, un mauvais pressentiment hante Clara Morrow. De fait, le lendemain de la fête à Three Pines, une femme est trouvée la nuque brisée au milieu des fleurs de son jardin. Qui était cette invitée que personne ne reconnaît ? Peu à peu, le tableau du crime prend forme et l'inspecteur-chef Armand Gamache apprend que dans le monde de l'art chaque sourire dissimule une moquerie, chaque gentillesse cache un coeur brisé. Dans cette affaire, la vérité est déformée par un jeu d'ombre et de lumière qui crée l'illusion.
Ce septième tome mettant en scène l'inspecteur Armand Gamache et les habitants d'un petit village du Québec est un très bon cru, à savourer délicatement, telle une bonne tasse d'Earl Grey !

 


À Ridgedale, petite ville aisée du New Jersey,

le corps d'un bébé est retrouvé dans les bois voisins de l'université. Malgré toutes les rumeurs et les hypothèses que ne manque pas de susciter le drame, personne ne connaît l'identité de la fillette et encore moins les raisons de sa mort. Molly Anderson, journaliste indépendante récemment arrivée avec son mari et sa fille, est recrutée par le journal local pour couvrir le fait divers. Une affaire, pour la jeune femme, qui réveille un tourment douloureux. En effet, elle a perdu un bébé et ne s'est jamais vraiment remise de cette épreuve... Or, ses investigations vont mettre à jour certains secrets bien enfouis de cette petite communauté aux apparences si convenables.
Kimberly McCreight assemble minutieusement les pièces d'un puzzle obscur pour construire un thriller aussi captivant qu'émouvant.

Après Amelia, elle confirme ici sa place parmi les meilleurs auteurs du genre.


Le corps d’une femme repêché dans une rivière à la fonte des neiges au nord de la Suède. Une procureure au sommeil hanté par la vision d’une silhouette accusatrice. Des rumeurs concernant la mystérieuse disparition en 1943 d’un avion allemand au-dessus de la région de Kiruna. Une population locale qui préfère ne pas se souvenir de sa collaboration avec les Nazis durant la guerre.
Sur les rives battues par le vent d’un lac gelé rode un tueur prêt à tout pour que le passé reste enterré sous un demi-siècle de neige et de glace…

Cette nouvelle enquête de Rebecka Martinsson, l'avocate fiscaliste, risque de vous glacer le sang au fil des pages tournées... Psychologie des personnages toujours aussi finement décrites, tension palpable, un soupçon de fantastique par le biais d'une morte en tant que narratrice,

Asa Larsson sait comme personne happer le lecteur, le bousculer, le faire frémir... bref polar nordique incontournable !


Déjà (ou plutôt enfin, vu qu'il aura fallu attendre 24 ans !!!) 4 tomes traduits (il y aura 28 !) des aventures d'Agatha Raisin, cette quinquagénaire qui a quitté Londres pour s'installer dans un petit village typique de la campagne anglaise. Cette femme au caractère très affirmé a le chic pour fourrer son nez partout, et surtout dans les affaires des autres. Elle se retrouve donc souvent mêlée à des crimes, sans qu'on lui ai demandé quoi que ce soit. Notre Agatha chausse ses gros sabots et va semer la zizanie un peu partout.
Elle est insupportable, râleuse, impulsive et elle manie le tact comme elle manierait un marteau-piqueur, c'est à dire qu'elle fonce et même qu'elle défonce tout, sans aucun égard pour personne...mais il faut reconnaître que cela a parfois des résultats !

Un humour so british, des intrigues qui doivent beaucoup à l'illustre Agatha Christie, si vous cherchez des lectures rafraîchissantes et aussi toniques, foncez !!!


Le duo formé par Delphine Cuveele

(au scénario) et Dawid (au dessin) fait mouche.

Ils amènent le jeune lecteur dans une histoire rocambolesque et pleine d’humour. À travers la bataille entre le père qui tente de se débarrasser d’une taupe qui vit dans le jardin et les enfants qui mettent en place des subterfuges pour sauver l’animal, trois mondes se déroulent sous nos yeux : le monde des adultes pragmatiques, le monde animal qui essaie de survivre et celui des enfants malins et naïfs. Les auteurs mettent en scène à la fois la vie des humains, Dessus, et la vie animale souterraine, Dessous tout en amenant le lecteur à s’interroger sur le monde. Il y a ici une petite poésie qu’on ne trouve nulle part ailleurs. A lire !!!


Ce tour de Passe-Passe, orchestré par Delphine Cuveele au scénario et Dawid au dessin, plonge

le lecteur aux confins du souvenir, là où tout s’évanouit et où tout peut se reconstruire.

Les aventures qui illustrent des moments de complicité entre la fillette et la grand-mère évoquent une disparition en cinq actes, bâtie sur un jeu d’échos. Au fil de l’histoire, de couleurs en esquisse, la grand-mère s’évapore littéralement et graphiquement, pour donner corps au papillon.

Delphine Cuveele et Dawid nous racontent avec tendresse, humour et poésie une métempsychose (littéralement « déplacement de l’âme ») qui apprivoise le manque. Ils jonglent avec brio sur les thèmes de la disparition, de l’absence et de la magie du souvenir avec légèreté, sans emphase ni angoisse. Un petit conte presque philosophique qui nous amène vers un éclatant Autrement plus que vers un nébuleux Ailleurs, pour que l’enfant qui sommeille en chacun de nous garde son innocence, et surtout ses bons souvenirs…


Dans la petite famille il y a les parents, le grand frère, la petite soeur, le tonton et surtout Pépé et Mémé. Mémé, elle est super. « Avec Pépé, c'est pas facile de savoir s'il est en colère ou content. Maman dit que Pépé, c'est comme un ours… Il râle… Il ronchonne… Mais il est pas méchant. Il est tout doux. » Et puis quand on part à la pêche avec Pépé c'est toute une aventure. Finalement, Pépé aussi il est super. C'est pour ça que le jour où il tombe malade, difficile de ne pas être inquiet…
Cet album est la réédition intégrale des trois volumes publiés entre 2004 et 2006 aux éditions Carabas. Loïc Dauvillier et Marc Lizano.

Une chronique tendre et chaleureuse, sans la moindre trace d'amertume malgré l'événement douloureux vécu par toute la famille. Un album que l'on quitte avec regret...


Enola Holmes est à l'origine un personnage greffé de toutes pièces par la romancière Nancy Springer, à la mythologie policière déjà fictive créée par Conan Doyle. Protagoniste d'une série de romans à succès, le personnage fait aujourd'hui une incursion dans le monde de la bande-dessinée, avec brio. Cette réussite est à mettre au crédit du talent de Serena Blasco qui parvient à rendre immédiatement sympathique son héroïne, mais aussi à restituer sans forcer le trait l'ambiance un brin machiste de l'époque (euphémisme).

Sur le plan des illustrations, Serena Blasco livre un très joli travail, son coup de pinceau est redoutable.

En résulte de très belles planches avec des personnages aux traits fins et une ambiance agréable et parfaitement dans l'atmosphère que l'on aime s'imaginer dans cette Angleterre feutrée et romancée des œuvres de Conan Doyle. Une très bonne adaptation qui préfigure une série de bandes-dessinées au succès au moins égal à celui des romans adaptés. Conseillé !


Françoise Diep nous offre un conte réjouissant, jouant sur la structure répétitive et sur une chute renversante. Au milieu de nul part, en plein hiver, nous voici dans la maison en bois de Toinon et de Pierre. Mais par un hiver si rude, le bois commence à manquer et Pierre décide d’aller cherche les bûches au fonds de la vallée, tandis que Toinon prépare la soupe aux pois et au lard. Seulement, sur le chemin du retour, 1, 2, 3 puis 10 loups sont à ses trousses.

En tapant sur les bûches, Pierre réussit à s’échapper et à revenir chez lui. Un loup, pourtant plus affamé que les autres, tente de pénétrer dans la maison. Toinon saisit alors de chaudron et le retourne sur le dos du loup qui sort en courant. Mais on le sait, le loup attend souvent sa revanche et lorsque, quinze jours plus tard, Pierre repart chercher du bois, les loups montrent leurs dents… Au lieu de la lutte, Pierre cherchera cette fois l’ingéniosité en testant la mémoire du loup…

Une histoire bien ficelée, naïve et drôle, renforcée par les traits expressifs de Magali Le Huche.


Un petit garçon s’emploie à prouver à ses parents que le monstre du placard existe.

Et il a de bons arguments : le monstre du placard adore les bonbons, voilà pourquoi il y a des paquets vides sous le lit… Il s’ennuie pendant la journée et dessine donc sur les murs... Il est sportif et c’est lui qui laisse des traces de baskets sales sur le tapis du salon… Ben voyons ! Mais le monstre a aussi peur du noir, c’est pour ça qu’il faut laisser la veilleuse allumée la nuit...

Une belle histoire qui illustre parfaitement le (grand) pouvoir de l'imaginaire !


Le neuvième œuf que couve Maman Poule parle sans arrêt. Une fois sorti de sa coquille, le poussin continue de papoter tout le temps, à tel point que tout le monde lui crie : « Ferme ton bec, poussin ».

Et Ferme-ton-Bec ?

Il se tait bien obligé. Mais les jours passent et Ferme-Ton-Bec ne peut pas s'empêcher de poser des questions encore et encore à tous les animaux de la ferme.

Un album très bien rythmé, aux mots bien choisis, comme les aime Pierre Delye, parfaitement servi par l’illustration vive et drôle de Magali Le Huche.

 


Un matin, Loup gris se réveille de bonne humeur, vraiment de très bonne humeur. C’est donc confiant et fier comme un loup qu’il part en quête de nourriture : « Holà ! C’est moi le lououuuup, je suis le plus beau, le plus costaud ! » Mais tout au long de sa journée, qui avait si bien commencé, Loup gris chasse des proies beaucoup plus futées que lui...

Que cette histoire est drôle !

Le texte de Gilles Bizouerne est savoureux et c’est un régal que de le lire à voix haute. La malice des animaux est servie par le dynamisme des illustrations de Ronan Badel. C’est un régal d’imaginer ce que vont infliger les animaux au loup quand on a compris qu’il serait toujours perdant.