Bonne nuit – Charlotte Zolotow – Bobri –

Albin Michel Jeunesse

 

La nuit est tombée, les animaux vont se reposer : chat ou chien, mais aussi pigeon, chenille, araignée, sauterelle ou tortue s’installent dans des positions parfois surprenantes. Avec des mots simples et des paroles rassurantes, Charlotte Zolotow dresse 14 décors nocturnes, de la caverne de l’ours jusqu’à la chambre à coucher des enfants, douillettement endormis sous leur couette.

 

Vladimir Bobri a, par son trait sobre, ses formes épurées, sa palette de quelques tons (noir, gris, vert tendre, rose) et ses aplats silencieux de gris nuit, magnifiquement mis en page ces scènes sereines de sommeil. Un livre hypnotique !

 


 

Lièvre et Ours Où est Ours? – Emily Gravett – Kaléidoscope

 

Lièvre et Ours jouent à cache-cache. Lièvre compte jusque 10, il cherche Ours, le trouve...

Et on inverse. Mais arrive un moment où chercher n'est plus si drôle et l’absence de l'autre bien trop pesante ! Un nouvel album ludique et amusant pour les tout-petits comme le fait si bien Emily Gravett.

 


 

Train fantôme – Adrien Albert – l’école des loisirs

 

Être frôlé par des araignées géantes. Chatouillé par des cheveux de sorcière.
Poursuivi par un tyrannosaure puis englouti par la gueule béante d’un monstre, avant de ressortir de l’autre côté, indemne, pour foncer au travers d’un nid de serpents, qui n’en a pas rêvé ?
Un tour en train fantôme : c’est ce qu’a demandé Lulu à sa grande soeur, en guise de cadeau d’anniversaire. Adrien Albert l’a dessiné tel qu’il est, et que vous ne l’avez jamais vu.
Et ce qui est bien, avec le train fantôme, c’est que juste après le cauchemar, on peut déguster une bonne barbe à papa…

 


 

Pourquoi ça n’avance pas ? – Tomoko Ohmura – l’école des loisirs

 

Il y a un immense embouteillage sur cette route. Que se passe-t-il pour qu’autant de véhicules, du tricycle à la grue, restent bloqués ? La file d’attente est si longue qu’on n’y voit rien. Les uns s’impatientent, les autres râlent. Les plus malins profitent de l’arrêt forcé pour prendre un bon livre au bibliobus, ou une belle crêpe au camion. Mais enfin, ça va durer longtemps, ce cirque? L’armée et la police sont mobilisées, les chaînes de télévision sont à l’affût…
Nous ne sommes pas au bout de nos surprises !

 


 

Une histoire qui… – Gilles Bachelet –

Seuil Jeunesse

 

Une histoire qui… s'attache au moment privilégié de la lecture à un jeune enfant au moment de s'endormir.
Il s'agit de la même situation répétée douze fois dans une composition sensiblement identique : l'un des parents lit une histoire à l'enfant couché dans son berceau ou son petit lit avec son doudou. Seuls changent les protagonistes de la scène. Animaux d'abord, de plus en plus improbables dans leur rôle, puis créatures imaginaires, objets… pour conclure par un véritable papa humain quelque peu ensommeillé. L'ensemble forme ainsi une sorte de bestiaire élargi et peu respectueux de la classification des espèces. Les éléments de décor (lits, sièges, jouets) sont bien sûr à l'image de leurs propriétaires. En page de droite, l'histoire est matérialisée par un livre qui vit sa propre vie, en écho à la situation présentée en page de gauche. Véritable lien entre les scènes, le doudou de chaque bébé préfigure la famille de la scène suivante et invite l'enfant à un jeu d'anticipation.
Dans cet album très tendre qui s'adresse aux touts-petits, nous retrouvons l'humour et le fourmillement de clins d'œils et de détails, propre au grand auteur-illustrateur Gilles Bachelet.

 

 

Qui a croqué le babouin? – Julien Perrin – Fred. L – Alice Jeunesse

 

Ça ne rigole pas dans la savane depuis qu'un gorille contrarié menace tous les animaux du lieu pour démasquer celui qui n'a fait qu'une bouchée de son cousin le babouin. Mais, girafe, flamant rose, rhinocéros et éléphant clament tous leur innocence. Fou de rage, l'imposant primate se dresse sur ses pattes et hurle "C'est toi qui as croqué le babouin?" au crocodile, qui ouvre son imposante mâchoire et propose au gorille d'aller chercher son cousin au fond de ses entrailles…

 

Mais tel est pris qui croyait prendre ! Cette fois-ci, le saurien a trouvé plus rusé que lui !

 

Un album réussi (avec un plus pour l'illustration) écrit sous forme de randonnée et souligné par un graphisme pop art aux couleurs flashy. On se régale devant ce défilé d'animaux lookés arborant fièrement bob, chemise bariolée, culotte à pois rouges ou marcel blanc (l'habillement dépend de l'humeur du moment.)

 


 

Cinq minutes et des sablés – Stéphane Servant – Irène Bonacina – Didier Jeunesse

 

Assise seule dans sa cuisine, une Petite Vieille s'ennuie à mourir. Ayant perdu le goût de vivre, elle attend patiemment « Madame la Mort ». Cette dernière, touchée par le spectacle qu'offre cette âme en peine, décide de l'emporter. Mais rien ne sert de se presser. Toutes deux partagent - avec un plaisir non dissimulé - un thé de Chine en savourant de délicieux biscuits. Elles sont rejointes par un chat alléché par l'odeur des sablés. L'animal est suivi de la voisine Kenza, de monsieur Igor, puis de tous les gens du quartier. Cela fait bien longtemps que la Petite Vieille ne s'est pas tant amusée.

Va-t-elle partir ou... rester ? Parfois il faut toucher le fond pour pouvoir rebondir, c'est ce nous apprend l'héroïne très émouvante de ce récit philosophique. Pour retrouver son étincelle de vie, la Petite Vieille ouvre sa porte (son cœur) aux autres. Elle détourne son regard de sa pendule au tic-tac inéluctable pour danser, jouer et manger ses biscuits préférés. Il suffisait d'un rien, pour qu'elle retrouve sa joie de vivre. Dès lors, la Mort, clémente, lui octroie un sursis.

Un texte sensible, illustré avec grâce et volupté, à déguster de 7 à 99 ans.

 


 

Les aventuriers du soir – Anne Brouillard –

Les Editions des Eléphants

 

Dans la forêt sauvage, Gaspard, son lapin et la chatte Mimi ont construit une cabane. Ils partent à la pêche pour le dîner, avant d'aller découvrir le monde.Tout le talent d'Anne Brouillard est là : le monde, pour nos trois amis, s'arrête au bout du jardin. A quelques mètres de leur jungle, il y a la présence rassurante de la maison et des parents. L'artiste excelle dans ce basculement entre l'imaginaire, propre à l'enfance, et la réalité.   On retrouve dans cet album les thématiques récurrentes de son oeuvre : l'évocation de la nature, la tendre complicité entre humains et animaux, le temps qui passe, la peur qui grandit à mesure que la nuit s'installe, le bleu qui assombrit peu à peu les pages...

 


 

Regarde en haut! – Jin – Ho Jung – Rue de monde – Coups de cœur d’ailleurs – La Corée

 

Perchée à sa fenêtre, la jeune Suji passe beaucoup de temps à scruter la rue, assise dans son fauteuil roulant depuis qu'un accident lui a fait perdre l'usage de ses jambes. Elle s'invente des histoires en regardant les gens. Enfin, plutôt seulement le dessus de leurs têtes, puisque jamais ils ne lèvent les yeux. Jusqu'au jour où un garçon plus attentif que les autres lève le regard vers Suji.
Une belle allégorie sur la place qu'on fait au handicap dans notre vie collective. Et, d'une manière générale, sur l'inventivité qui surgit dès qu'on sait décaler son regard !

 


 

Course épique – Marie Dorléans – Sarbacane

 

Dans cet album, Marie Dorléans a choisi de donner rendez-vous à son lecteur sur un hippodrome. La fête bat son plein car une course hippique va avoir lieu.

Les spectateurs magnifiquement habillés se parent de leurs jumelles pour ne pas rater une miette de la compétition. Les jockeys entassés sur leurs montures se scrutent d’un œil jaloux et inquisiteur. Quant aux chevaux, ils poussent des hennissements d’impatience quand « soudain PAN, c’est parti ! ».
Le format à l’italienne de cet album contribue de manière magistrale à la bonne réception du récit de cette chevauchée incroyable que Marie Dorléans relate de manière originale et très drôle. Les nombreux rebondissements que révèle l’intrigue ainsi que les détails drolatiques qui se cachent dans les illustrations feront sourire les lecteurs férus de courses de chevaux, courses que l’auteure de cet album aime à caricaturer d’un coup de crayon toujours très élégant, ironique mais bienveillant !

L’on décerne donc un premier prix à cette course illustrée avec humour et espièglerie !

 


 

Crumble – Michael Rosen – Tony Ross – Albin Michel Jeunesse

 

Laurie-Anne se rend à l'animalerie avec sa maman : aujourd'hui, elle va choisir un chien. Enfin, non : aujourd'hui, un chien va la choisir. Or donc, Crumble (aux pommes) a beaucoup de questions à poser à sa nouvelle future potentielle maîtresse. A-t-elle déjà eu des animaux ? Qu'a-t-elle prévu pour le nourrir ? Où sera situé son panier ? Etc. Laurie-Anne et sa maman courbent l'échine devant leurs erreurs, se réjouissent de marquer des bons points. Finalement, Crumble accepte de les suivre, pour la plus grande joie de la petite fille. Elle repart en tenant fièrement en laisse son toutou, lequel pense de son côté qu'il a trouvé une maison où il pourra facilement dicter sa loi !

 

Plein de bonne humeur grâce à sa situation originale, son texte simple et ses dessins vivants, le petit roman n'en reste pas moins extrêmement pertinent sur les besoins et la façon de s'occuper d'un chien. Il se lit d'abord en riant (ah, les oreilles de Crumble), se reprend avec tendresse, et finalement se réfléchit avec ses sages conseils : adopter un animal est une vraie responsabilité.

 

Une première lecture réussie pour le bonheur des chiens et de leurs jeunes maîtres !

 


 

Le chacal bleu. Un conte traditionel indien – Shobha Viswanath – Dileep Joshi – Circonflexe

 

Rejeté par les siens et poussé par la faim, Chandarava le chacal s'en va chasser plus loin.

À l'entrée d'un village, le voilà poursuivi par des chiens hargneux. Ni une, ni deux, il s'enfuit et atterrit dans une jarre de teinture bleue. Avec une fourrure bleue comme la mer Chandarava décide de tirer profit de cette situation extraordinaire…

 

Le chacal bleu est extrait du Panchatantra, un recueil de contes et de fables très connu en Inde, écrit en langue sanskrite et datant du IIIe siècle. Abondamment diffusé en Inde, il fut traduit dans plusieurs langues et aurait inspiré Jean de La Fontaine pour ses Fables. Ce livre, magnifiquement illustré dans le style warli (un art pictural tribal de l'Inde occidentale), fait de la lecture de ce conte classique indien une aventure visuelle inoubliable.

 


 

Bruno. Quelques jours de ma vie très intéressante – Catharina Valckx – Nicolas Hubesch – l’école des loisirs

 

Bruno, le chat à casquette à carreaux, prend la vie comme elle vient. Il pleut trop pour sortir ? Il improvise un pique-nique intérieur avec ses amis Michou le poney et Georgette la tourterelle. Il croise un poisson qui nage en l’air ? Il le suit. Titi le canari mélange tous les mots au lieu de chanter ? Bruno entame le dialogue. À bien y regarder, des jours comme ça, des jours pas comme les autres, Bruno en compte quand même un bon nombre ; et ils suffisent à ce que la vie, soudain, prenne une saveur incomparable.

 

 

 


 

Amuserimes – Pierre Coran – Thomas Baas –

Le livre de poche jeunesse

 

Dans Amuserimes, les mots s'amassent et se placent, se déplacent et s'espacent, s'entrelacent. Ils s'embrassent, ils s'embrasent et, de phrase en phrase, ils essaiment en rimes, en poèmes.

Pierre Coran, le jongleur de mots !

 


 

Heu-reux! – Christian Voltz – rouergue

 

Aujourd’hui, c’est le grand jour : sa majesté Grobull le tout puissant taureau doit marier son fils Jean-Georges. Pour cela le "tyran" fait preuve de largesse : son rejeton a le choix pourvu qu’il soit « Heureux ». Les vaches prétendantes se bousculent au portillon, mais aucune d’entre elles n’arrivent à obtenir les faveurs du prince ; car Jean-Georges a une aventure secrête, son amour est déjà réservé. Un album drôle autant dans son ton que ses dialogues et mises en scène. Heureux interroge en profondeur sur les préjugés, interpelle sur les sujets brûlants, mais aussi sur les préoccupations essentielles de chacun quant aux penchants que l’on dit naturels et aux choix de vie.

 

 

Meslama la sorcière – Jennifer Dalrymple – Julia Wauters – Cambourakis

 

Meslama vit dans la forêt, avec une grand-mère qui en connaît tous les secrets. Lorsqu’un jour d’hiver la petite fille croise le seigneur qui lui interdit de ramasser du bois sur ses terres, une grande rage tombe sur le cœur de Meslama, comme une pierre noire. Une rage qui menace de tout détruire autour d’elle... Il faudra toute la sagesse de sa grand-mère pour que Meslama parvienne à maîtriser et à convertir cette force obscure... Dans cette histoire qui parle de révolte, de colère mais aussi de transmission, la figure de la sorcière, loin d’être maléfique, est la dépositaire d’un savoir précieux. Rouge et noir dominent la palette chromatique de Julia Wauters qui illustre magnifiquement ce conte à proposer à partir de 5 ans.

 


 

Chambre avec vue – Raphaële Frier – Editions Thierry Magnier – Petite poche

 

Juché sur le balcon d’un appartement situé aux abords de l’autoroute A7, le jeune narrateur de ce court roman se plaît à observer la file discontinue des véhicules empruntant la quatre voies et à se laisser bercer par le ronronnement incessant des moteurs. Le boulevard de Strasbourg devient à cette occasion un terrain fertile propice à la rêverie, chaque voiture déclenchant une aventure, une histoire. Il se transforme également en un terrain de jeu improvisé les rares fois où il est fermé à la circulation pour cause de travaux !

 

Loin de condamner ces boulevards autoroutiers nauséabonds et extrêmement bruyants, l’auteur met en exergue la facilité déconcertante, et partant l’imagination débordante, avec laquelle les enfants transforment un environnement proche plutôt hostile en un site presque paradisiaque profondément empreint de poésie. C’est en effet un portrait touchant et métaphorique d’un boulevard autoroutier pourtant lambda que nous livre ici de manière si spontanée, sincère et « vraie » le protagoniste du roman.

 


 

 

Maarron – Håkon Øvreås – Øyvind Torseter –

La joie de lire – hibouk

 

Alors que Aaron vient de perdre son grand-père, il construit, avec un de ses copains, une cabane pour laquelle il a mis de côté de la peinture marron.
Mais un jour, trois garçons plus âgés, parmi lesquels le fils du pasteur, détruisent la cabane en narguant Aaron qui se met en colère et s’en prend à leurs vélos. Poursuivit, il doit se réfugier chez une copine… Mais la nuit venue, il se déguise en «Maarron» et devient un super-héros qui se venge des garçons en peignant leurs vélos en marron.
Une histoire d’amitié et de vengeance, qui fait la part belle à l’imagination, subtilement illustrée par le trait cinématographique et l’humour espiègle d’Øyvind Torseter.

 


 

Krol le fou – Sigrid Baffert – Aurore Callias – l’école des loisirs

 

Edgar, ce qu'il aime, c'est s'asseoir sur un banc après l'école, seul, face à la mer, et regarder. Là, on est tranquille. Aucun risque que la maîtresse nous crie dessus, ou que la petite soeur mange nos leçons. Un jour, un oiseau vient se poser près d'Edgar sur le banc et se met à lui parler. Et ce n'est pas n'importe qui : c'est Krol, un fou de Bassan. Krol aussi aime le calme, et rester à l'écart du groupe. Or bientôt, il a un service très important à demander à Edgar. Il a besoin qu'on lui écrive une lettre. Mais rendre service à un fou, est-ce bien raisonnable ?

 


 

Yasuke – Frédéric Marais – Les fourmis rouges

 

Au pied du Kilimandjaro, en Afrique, vit un jeune esclave qui n’a pas de nom. Personne ne lui en a jamais donné. S’échappant de son village, il embarquera comme marin sur un navire, traversera les mers jusqu’au Japon, où il accomplira un destin d’exception. Frédéric Marais raconte, avec une grande force littéraire et graphique, l’histoire vraie de Yasuke, unique samouraï à la peau noire. Du Kilimandjaro au Mont Fudji, ce jeune africain devint, au 16ème siècle, un héros. Les phrases courtes et rythmées, presque mélodiques, apportent une grande force à ce récit au style simple et dépouillé, à la portée des jeunes lecteurs. Alliant au noir et blanc un bleu turquoise intense et un brun profond, Frédéric Marais nous livre un récit initiatique qui prend sa source dans l’Histoire.

 

 

Quand c’était la guerre et que je ne comprenais pas le monde – Joke van Leeuwen – Alice – Deuzio

 

Toda vit avec son papa, un pâtissier. Un jour, son papa doit partir défendre le pays car les gens se battent les uns contre les autres. Mamy vient s’occuper de Toda en attendant que son papa revienne. Mais, finalement, le pays tout entier devient trop dangereux et la petite fille est envoyée à l’étranger, chez sa maman qu’elle ne connaît pas. La fillette entame un voyage rempli d’aventures et de rebondissements, pour arriver « là-bas » : là où il n’y a pas la guerre.

 


 

Mo- Julia Billet – Simon Bailly – Editions du Pourquoi pas ?

 

Mo, sans T, est un grand bonhomme en forme de point d’exclamation. Il est gardien, bien connu du quartier… Autour de lui, pendant les trois premières doubles pages, des arbres, des gens - jeunes en scooter ou au foot, petits au bac à sable, personne âgée avec canne et longue robe blanche - , des immeubles, des espaces partagés,

un environnement visiblement urbain, mais pas de mots avec T. Ceux-ci arrivent avec le facteur, normal ! Et les lettres des bâtiments suivent celles du facteur, mais Mo n’a pas ses lunettes. Pas grave, nous partons vers le bâtiment A et croisons des gens en forme de A , mais sans mots… Il faut ensuite régler une histoire de colis échangés, puis un problème de tags, puis affronter des piles de papiers qui s’amoncèlent… Et puis il faut encore écrire pour la dictée des légumes… On comprend bien que lettres et mots embarrassent Mo et le font souffrir. Mais peut-être est-ce son tour de faire appel à l’esprit d’entraide et de solidarité qu’il a défendu tout au long de cet album ? Car la question de la lecture, de l’illettrisme, du handicap social que cela représente est associée à des thématiques positives, bien dans l’air du temps, comme le lien social, le dialogue intergénérationnel et interculturel, les jardins partagés et tous ces systèmes d’entraide et d’échange qui recréent ce fameux lien social dont il est tant question aujourd’hui. Une jolie histoire très actuelle donc, remarquablement illustrée par Simon Bailly, major de la promo 2016 à l’Ecole Supérieure d’Art de Lorraine, dont c’est le premier album. 

 


 

Te souviens-tu de Wei? – Gwenaëlle Abolivier – Zaü – HongFei

 

L'arrivée dans la France de 1916 de travailleurs chinois est un épisode de la Première guerre mondiale largement oublié. Jusqu'en 1918, 140000 Chinois furent recrutés comme main-d'oeuvre en arrière des lignes de front. A Noyelles-sur-Mer (Baie de Somme), le cimetière chinois de Nolette garde la trace de ces coolies qu'on appela

" Célestes ", morts par milliers. Parmi les survivants, 2000 restèrent en France, constituant la première immigration chinoise. Cet album souhaite raviver la mémoire de ces faits à travers le récit de la vie d'un travailleur chinois fictif, Wei, dont le destin reflète celui de milliers d'autres bien réels, du déracinement initial aux duretés des réalités quotidiennes, et jusqu'aux territoires de l'intime.
Construit en deux parties, le livre commence avec un texte illustré qui ouvre le coeur et sensibilise l'enfant en proposant une approche du sujet par la beauté, l'empathie et l'humaniste. Puis, une seconde partie documentaire irrigue l'esprit en portant à la connaissance des jeunes lecteurs des éléments factuels, plus distanciés et impersonnels, éclairés par des données précises et une série de photographies anciennes.

 


 

Alcibiade – Rémi Farnos – La joie de lire – Somnanbule

 

Rémi Farnos prend le parti étonnant de raconter une histoire en dessinant son personnage en tout petit dans chaque case, avec plein de petites cases bien alignées qu'on ne suit pas forcément de gauche à droite et de bas en haut, parfois le chemin qu'empreinte notre héros est tortueux et il faut le suivre de case en case suivant ses virages pour lire l'aventure. On suit le voyage d'Alcibiade qui part dans le grand Est pour rencontrer le sage qui lui décrira son destin. C'est un conte moral, un voyage initiatique, plein de poésie, de monstres, de géants, de rencontres... Alcibiade entreprend ce voyage pour connaître son destin et on comprend bien vite que c'est ce voyage lui-même qui le révèlera.
C'est de ce choix graphique que l'histoire prend toute sa dimension poétique, pleine de sagesse, que le rythme s'étire et qu'elle se transforme en un conte initiatique plutôt qu'en aventure trépidante, que le temps, par la multitude des petites cases, se rallonge et se transforme en années, en une longue errance...

 


 

Avant l’ouragan – Jewell Parker Rhodes –

l’école des loisirs

 

En Louisiane, tout le monde croit aux esprits. Lanesha, elle, a le don de les voir.
«Tu es comme moi, ma chérie, tu as un don de double vue », lui a expliqué Mama Ya-Ya, la sage-femme qui l’a recueillie à sa naissance.
Mama Ya-Ya savait qu’un ouragan approchait, bien avant que la radio et la télévision n’en parlent. Les dégâts seront incommensurables, répète le présentateur.
Tous les habitants de La Nouvelle-Orléans doivent quitter la ville. Mama Ya-Ya est très âgée, et ne possède pas de voiture, alors Lanesha a fait des provisions d’eau et de nourriture, et a cloué des planches sur les fenêtres. Elle ne sait pas ce qui l’attend, mais elle se prépare de toutes ses forces à survivre. Avec TaShon, le fils des voisins, avec le chien Spot, qu’ils viennent d’adopter ensemble. Avec le fantôme silencieux de sa mère, qui est venu pour l’aider. Avec l’amour de Mama Ya-Ya, qui est incommensurable. Un joli roman qui a les pieds dans la réalité et la tête dans les étoiles.

 


A vous de voter les enfants !!!